Que feriez-vous si vous pouviez passer une soirée de plus avec un être cher aujourd’hui décédé?

Cuisineriez-vous son repas préféré? Regarderiez-vous de vieilles photos? Raconteriez-vous les histoires qui ne manquaient jamais de faire rire tout le monde?

Pour des millions de personnes au Mexique et partout dans le monde, le Día de los Muertos (Jour des morts) est l’occasion de le faire.

Souligné les 1er et 2 novembre, le Día de los Muertos est souvent perçu à tort comme une célébration de la mort. En réalité, c’est une belle célébration de la vie, de la mémoire et des liens qui perdurent longtemps après le décès d’un être cher.

C’est une tradition remplie de couleurs, de musique, de fleurs, de nourriture et d’histoires. Les familles se rassemblent pour rendre hommage aux parents, grands-parents, frères et sœurs, amis et ancêtres dont l’influence continue de façonner leur vie aujourd’hui.

Au cœur du Día de los Muertos, il y a une vérité profondément humaine : les êtres que nous aimons ne nous quittent jamais vraiment tant que nous nous souvenons d’eux.

Les histoires que nous gardons vivantes

En grandissant, l’une de mes traditions familiales préférées était de m’asseoir à la table de la cuisine après un repas des Fêtes pour écouter des proches plus âgés raconter des histoires sur des membres de la famille qui n’étaient plus parmi nous.

Les histoires étaient parfois drôles, parfois émouvantes. Je les avais souvent déjà entendues, mais chaque fois qu’elles étaient racontées, un nouveau détail était révélé et ravivait un souvenir oublié. Une leçon était transmise, et une personne de la famille disparue depuis des années semblait présente à nouveau.

Ce dont je me souviens le plus, c’est de la façon dont ces histoires ont établi des liens entre les générations. Les jeunes de la famille ont ainsi appris l’existence de grands-parents et d’arrière-grands-parents qu’ils n’avaient jamais rencontrés. L’histoire familiale est demeurée vivante au lieu de rester enfermée dans de vieux albums de photos.

Avec le recul, je réalise à quel point ces moments ont aidé à garder les liens serrés dans notre famille.

À bien des égards, cet esprit est au cœur même du Día de los Muertos.

Une célébration du souvenir, et non du deuil

L’un des éléments les plus reconnaissables du Día de los Muertos est l’ofrenda, ou l’autel des morts.

Ces autels sont soigneusement décorés avec des photographies, des bougies, des soucis, des aliments préférés, des objets précieux et d’autres articles qui aident à honorer la mémoire des proches. Chaque détail raconte une histoire, qu’il s’agisse d’une friandise préférée, d’une recette familiale, d’une photographie conservée précieusement ou d’une chanson aimée.

Ensemble, ces articles créent un pont entre les générations, invitant les familles à réfléchir aux vies qui ont contribué à façonner la leur.

Plutôt que de se concentrer sur la perte, le Día de los Muertos célèbre les liens. Il nous rappelle de rire, de partager des souvenirs et d’exprimer notre gratitude envers ceux qui nous ont précédés.

Chaque famille a des histoires qui méritent d’être préservées

Que votre famille célèbre le Día de los Muertos, la Divali, le Nouvel An lunaire, des cérémonies culturelles autochtones ou d’innombrables autres traditions, une chose demeure universelle : les histoires tissent des liens qui nous unissent.

Les histoires nous apprennent d’où nous venons et transmettent des valeurs d’une génération à l’autre. Elles nous aident aussi à comprendre qui nous sommes. Elles tissent des liens entre les grands-parents et les petits-enfants et relient les communautés à leur histoire et les cultures aux générations à venir.

Bien sûr, les histoires se transmettent par le langage. Les mots que nous choisissons, les langues que nous parlons à la maison et les traditions que nous transmettons contribuent tous à préserver notre identité.

Quand la langue disparaît, les histoires peuvent se perdre

Imaginez que vous essayez de raconter une histoire de famille, mais que vous n’avez pas les bons mots. Un grand-parent, par exemple, peut vouloir partager un souvenir dans la langue qu’il connaît le mieux, alors que les jeunes membres de la famille n’en comprennent que des fragments.

Partout dans le monde, les communautés déploient de grands efforts pour préserver les langues, car elles sont porteuses d’un sens qui dépasse le vocabulaire. Elle transmet l’humour, les traditions, les valeurs, l’histoire et l’identité.

Chaque langue comprend des histoires qui ne sont pas facilement traduites.

La langue est souvent le fil conducteur qui relie les générations.

Lorsque les organisations investissent dans la communication multilingue et l’accès aux langues, elles aident à faire en sorte que les gens puissent participer pleinement à la société sans avoir à délaisser leur langue ou leur culture.

Au bout du compte, l’inclusion linguistique est une question d’appartenance.

Ce que les organisations peuvent apprendre du Día de los Muertos

Le Día de los Muertos offre également une leçon importante aux organisations qui cherchent à établir des liens avec des communautés diverses.

Les gens veulent se sentir reconnus pour ce qu’ils sont. Ils veulent que leur culture, leurs traditions et leur identité soient respectées, non pas comme un exercice de marketing, mais comme un élément authentique de la vie communautaire.

Un engagement significatif commence par l’écoute. Les organisations doivent se renseigner sur les collectivités qu’elles servent, comprendre les traditions culturelles et veiller à ce que leurs communications soient accessibles et inclusives. Elles doivent aussi reconnaître que la diversité n’est pas simplement une statistique démographique. Derrière ces statistiques se trouvent des personnes, des familles et leurs histoires.

Lorsque les organisations communiquent de façon appropriée sur le plan de la culture et de la langue, elles établissent un climat de confiance. Et la confiance est la base des relations significatives.

Garder les liens vivants

La beauté du Día de los Muertos réside dans son puissant rappel que les liens ne disparaissent pas après le départ de quelqu’un. À travers la mémoire, la culture, la langue et les histoires, les gens continuent de façonner notre vie longtemps après leur départ.

Dans un monde qui va souvent trop vite, cette tradition nous invite à nous arrêter, à nous souvenir et à apprécier les gens et les histoires qui ont contribué à faire de nous qui nous sommes.

Chez LAT Multilingue, nous croyons que chaque histoire mérite d’être comprise et que chaque voix mérite d’être entendue. En éliminant les barrières linguistiques et en soutenant une communication adaptée à la culture, nous aidons les organisations à établir des liens avec les diverses communautés qu’elles servent.

À l’occasion du Día de los Muertos, prenons un moment pour célébrer les histoires, les langues et les traditions qui nous rassemblent et gardent nos liens vivants à travers les générations.

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